13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 11:38

 

Militant au Mouvement des Jeunes Socialistes et sympathisant PS, mes propos se doivent d’être en conformité avec la Déclaration de principes du Parti Socialiste. Ils le sont.

 

Ce 17 juin, tard dans la soirée, j'ai éprouvé un sentiment alliant tristesse et désarroi. Comme beaucoup de militants, les nerfs étant soumis à rude épreuve il y a un moment où la tension doit s’échapper. J’ai flanché quand j’ai vu un « camarade » un peu particulier dans le bâtiment qu’occupent les fédérations vendéennes du PS et du MJS.

 

Rappelons-nous; Les élections régionales de 2010 ont été marquées par l’arrivée soudaine de Stéphane Frimaudeau dans la liste « La gauche en action » menée par Jacques Auxiette. Ce choix inattendu, et voulu par la tête de liste, n’avait alors pas forcément ravi les militants d’autant que les colistiers évincés où déplacés avaient été avisés de la décision de manière très tardive.

C’est ainsi que deux jeunes militants vendéens se sont trouvés purement et simplement mis de côté au profit d’un ancien cadre du Parti Radical Valoisien qui avait soutenu Nicolas Sarkozy trois ans auparavant. Les jeunes trouvaient ainsi leur rôle habituel de substitution, de bouchage de trou et de magnificateurs de photographies. C’était évidemment sans compter l’éviction voulue ou réalisée de méchants et dangereux ségolénistes, hamonistes, etc. Pour la considération du travail et des valeurs, on repassera un jour peut-être...

 

L’argument de justification qui m’avait alors été donné est que sans cette liste d’union, la gauche ne serait peut-être pas arrivée en tête en Vendée. Si tout est justifiable aussi simplement, on aurait pu se demander s’il était nécessaire d’exclure Gilles Bourmaud du PS en 2008 pour faire la même chose que Mme Peltan deux ans après !


Mais pourquoi donc parler d’une élection de 2010 ?

 

Les textes traitant le cumul des mandats étants très clairs, nos nouveaux parlementaires de gauche devaient abandonner une de leur fonctions (c’est déjà ça …). L’arrivée de nouveaux conseillers régionaux devant s’effectuer, Monsieur Frimaudeau a fait son entrée sous l’étiquette … « divers gauche » (il faudra tant qu'à faire penser à dire à Jean-Louis Borloo de changer de groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale).


Nous payons en 2012 le tribut d’un reniement grave de nos valeurs.

Reniement d’autant plus important que la seule légitimité personnelle de Monsieur Frimaudeau reposait sur l’écriture en 2008 d’un livre pas forcément novateur, bourré de faute d’orthographes et littérairement plat.

Face à cet exemple qui n’en est qu’un parmi d’autres, on pourrait se demander si cela vaut vraiment le coup de rester militer au sein de la famille socialiste.

 

Le doute, les congrès à candidatures uniques, le manque de considération pour le travail … pourraient avoir raison de l’engagement militant. Il ne doit en être rien.

 

Quand Léon Blum écrivait en 1919 « On est socialiste à partir du moment […] où l'on a cessé de dire « Bah c'est l'ordre des choses ; il en a toujours été ainsi et nous n'y changerons rien » », il portait l'espoir d'un mouvement collectif, fraternel pour la justice et l'égalité. Cette idée de notre mouvement politique ne serait que mise à mal en quittant le navire au profit d'une nomenklatura qui agirait sans gardes-fous.

 

Être socialiste, c’est privilégier le sens de l’engagement à la facilité. Le socialisme d’apparat ne correspond pas à nos valeurs. Il est de notre responsabilité de les honorer quitte à perdre des plumes dans le combat. Partir ailleurs pour défendre ses idées n’est pas, à mes yeux, la bonne solution car laisser un boulevard libre de tout dos d’ânes à des conducteurs aveugles mettrait en danger toute la gauche si ce n’est plus.

L’opposition au sein d’un parti est inhérente à sa capacité à gouverner de manière juste et équitable. C’est la condition sine qua non à une politique intègre qui écarte les extrémismes des bancs de nos institutions. Les valeurs et principes qui unissent nombre de militants doivent être portées.

 

Les questions fondamentales que sont le non-cumul des mandats, l'égalité femmes-hommes ne peuvent pas être occultées avec des arguments absurdes du type « on va perdre à le faire si les autres partis ne le font pas aussi ». Il est certain qu'en refusant toute progression, nous perdons toute légitimité, toute intégrité. Nous laissons libre un formidable terrain de jeu pour le Front-National.

Il faut être conscient que même si les extrémismes obtiennent déjà des résultats conséquents, l'immobilisme ne ferait qu'accroître ce score ; mettant à mal les mesures prises en faveur de l'éducation populaire, de la liberté pour tous de disposer de son corps...

 

Nous avons trop subi et subissons encore les affres des conservatismes, et en Vendée plus qu'ailleurs. Il nous incombe de défendre nos convictions même si le chemin n'est pas des plus idylliques.

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