27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 18:08

 

J'écrivais, il y a deux mois, un article traitant de l'éducation populaire et du nécessaire rapprochement entre la population et les moyens d'une émulation sociale, intellectuelle... Bien qu'étant à la tête de l’État depuis peu, la gauche montre déjà une volonté de relancer une dynamique perdue depuis des années. Dynamique où le rapport à l'humain est placé au centre des priorités.

 

Il est vrai, le choix d'un hommage à Jules Ferry qu'a fait François Hollande le 15 mai 2012 est sujet à contestations en raison de l'engagement pro-colonial de cette figure. Le Président de la République a d'ailleurs tenu à rappeler, à juste titre, que les positions de Jules Ferry sur ce sujet ne sont nullement excusables. Au travers de la personne de Jules Ferry, c'est la démocratisation de l'enseignement public, laïque ... qui est mise en avant. Une volonté politique et sociale qu'on retrouve notamment chez Condorcet et Jean Zay.

 

Ce dernier, a d'ailleurs été au centre du discours du 9 février 2012 que François Hollande a prononcé à Orléans. Discours fondateur qui a installé la jeunesse au coeur de la campagne présidentielle avec l'idée que permettre aux jeunes de vivre mieux est bénéfique à l'ensemble de la société.

Dans un plaidoyer pour l’École et la Nation, le candidat Hollande, a posé les bases de la ligne éducative qu'il souhaite défendre, c'est cette ligne qui est désormais portée par Vincent Peillon et au delà, et nous en reparlerons, par Aurélie Filippetti ou encore Valérie Fourneyron.

 

La première mesure phare du nouveau ministre de l'éducation concerne les rythmes scolaires. Le retour à la semaine de cinq jours dans les écoles est désormais en phase d'être acquis après négociations entre les différents partenaires éducatifs, sociaux …

Vincent Peillon a déclaré, ce samedi aux Sables-d'Olonne lors du congrès de la FCPE, qu'il était « le ministre des élèves ».

La différence de mentalité par rapport aux ministres précédents est remarquable ; il ne s'agit plus de mettre en place des mesures d'adaptation au planning des adultes, mais bien de prendre en compte les besoins des enfants.

Le tout, accompagné de moyens humains supplémentaires, d'un retour à l'année de formation des nouveaux enseignants, de la recréation des RASED, replace l’intérêt de l'enfant au centre des priorités. Sans oublier que le comblement prévu des disparités géographiques et sociales est en ce sens intéressant qu'il fait renaitre les possibilités d'égalité.

 

Sur ce sujet, l'ancien ministre Luc Ferry n'y va pas par quatre chemins pour dénoncer l'hypocrisie des gouvernements précédents obnibulés par une politique du chiffre destructrices de vocations et génératrice d'inégalités profondes.


 

 

Au delà du domaine formel de l'enseignement, il y a la culture, les sports … La dénomination du poste qu'occupe Valérie Fourneyron marque réellement une volonté de changement. En effet, l'apparition du terme « éducation populaire » témoigne d'une évolution considérable dans les mentalités. Les plus rigides diront que ça rappelle « les sombres temps du soviétisme » … mais c'est vraiment l'héritage de Léo Lagrange qui se reflète dans le Ministère des Sports, de la Jeunesse, de l'Éducation populaire et de la Vie associative. Léo Lagrange, c'est le sport pour tous, l'accès à la compétition par le talent et sans distinctions sociales …

Faciliter l'accès aux sports est un enjeu primordial en matière de santé publique, mais également de lien social, d'intégration ...

 

Accès aux sports, mais également à la culture.

 

La nouvelle Ministre de la Culture et de la Communication a, dès les premiers jours, montré sa ligne directrice.

Elle déclara le 20 mai dernier, « Nous voulons faire de l'éducation artistique, une des priorités du quinquennat », « L’Europe qui va si mal doit être reconstruite à travers la culture » ou encore « Il faut briser l’espèce de fossé, de barrière psychologique qu’il y a souvent pour aller vers l’art » … Ces quelques phrases accompagnées de mesures concrètes telles la baisse de la TVA sur le prix du livre vont dans le sens d'une accessibilisation auprès du plus grand nombre, des arts, de l'Histoire …

La nomination d'Aurélie Filippetti n'est pas anodine, elle incarne le renouveau, la fraicheur des idées et la proximité. Ce sont ces idées qu'on a retrouvé chez tous les grands ministres tels André Malraux où Jack Lang.

colonie Jean Zay

Alors que le gouvernement entre juste en fonction et que les premières mesures ne sont pas prises, la force des mots, des expressions, nous indique la volonté de réconcilier les citoyens de tous âges autour de possibilités de découvertes et d'apprentissages presque inaccessibles jusqu'à présent.

Le changement n'a jamais été autant à portée de main ; les prochaines élections permettront aux français de le saisir.

 

« Jean Zay était ministre de l’Éducation, mais aussi des Beaux-Arts, car, et c’est bien ce que disaient les instructions de 1938, ce sont des travailleurs, des citoyens, des hommes complets qu’il convient de former dés l’enseignement primaire en leur donnant « (...)le goût de l’action et l’exaltante admiration des belles œuvres ». Chaque élève doit y avoir accès, quel que soit son milieu social, le quartier ou la commune où il vit, quel que soit son degré et sa filière d'enseignement. »

François Hollande, discours sur l'éducation, 9 février 2012.

Partager cet article

commentaires

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -